
On connaît de Warhol ses peintures, sérigraphies, photographies, vidéos mais un peu moins les illustrations de pochettes de disque qu’il a réalisées.
La musique, une composante essentielle dans l’œuvre de Warhol
Si l’intérêt d’Andy Warhol pour la musique ne transparaît que de façon extrêmement anecdotique et laconique dans les pages de son Journal et lors de ses nombreuses entrevues, la permanence de la musique et de sa représentation dans son œuvre est remarquable et prépondérante. Elle en est même la composante invisible mais essentielle.
Du dessin réalisé en 1948 pour la couverture de Cano – la revue des étudiants du Carnegie Institute of Technology, et qui représente un orchestre dans le style dit « tamponné » – aux portraits mondains de Mick Jagger, Liza Minnelli ou Prince, Andy Warhol aura tout au long de sa carrière réalisé des dizaines de portraits des grandes icônes de la musique populaire du XXe siècle, d’Elvis aux Rolling Stones à Michael Jackson. Depuis son arrivée à New York, en 1949, jusqu’à 1987, la toute dernière année de sa vie, il aura aussi illustré une cinquantaine de pochettes de disques, allant du Lac des Cygnesde Tchaïkovski à Aretha Franklin en passant notamment par Count Basie, Artie Shaw, The Velvet Underground, les Rolling Stones, Diana Ross, Blondie… Témoin des commandes et des affinités changeantes de Warhol, le fil de cette iconographie se lit comme une histoire du goût musical de la société américaine d’après-guerre, allant du classique au jazz, puis au rock, à la pop et à la soul ainsi qu’au disco et au hip-hop.
Or la présence de la musique dans l’œuvre de Warhol va bien au-delà de la simple iconographie. Warhol sera l’orchestrateur de toutes les fêtes de demain (« All Tomorrow’s Parties ») à la Silver Factory, procurant une scène idéale et éphémère à Edie Sedgwick, sa muse mouvante et son premier alter ego ; il sera producteur du groupe The Velvet Underground ; il prêtera son concours artistique à la chorégraphie Rain Forest de Merce Cunningham ; il fera du Studio 54 le prolongement de son atelier. Sur la musique, cet art invisible qui anime les corps et situe les êtres dans l’espace et dans leur temps, il imaginera l’œuvre d’art totale que fut Exploding Plastic Inevitable. Il s’imaginera lui-même enSculpture invisible. Il intégrera la musique à ses films, il filmera les concerts. Il réalisera des vidéoclips, rencontrera des musiciens, notamment pour Interview, la revue qu’il fonde en 1969. Et surtout, par ce jeu de miroir et d’osmose qu’il a projeté sur ses contemporains, il deviendra lui-même une rockstar, à l’égal de Mick Jagger ou de Debbie Harry, sa dernière égérie.
Publié à l’occasion de l’exposition « Warhol Live » au Musée des Beaux Arts de Montréal, ce livre présente l’ensemble des pochettes de disques réalisées par l’artiste de 1949, début du 33 tours, à la fin de sa vie en 1987, qui coïncide avec la disparition du vinyle et l’avènement du CD.
Les pochette de disque sur le shop de la carotte
Pour info :
Expo: Le grand monde d’Andy Warhol
Du 18 mars au 13 juillet 2009, aux Galeries nationales du Grand Palais www.grandpalais.fr
Catégorie(s) :