
Les yeux du seigneur de Aurélie William Levaux
Voici un livre que je n’ai pas encore eu l’occasion de vous présenter et que personnellement j’aime vraiment beaucoup. Je profite donc de l’arrivée du second réassort pour vous en parler
Il s’agit du second livre de la talentueuse Aurélie William-Levaux, « Les Yeux du Seigneur ».
Une petite présentation d’abord :
Née à Liège en 1981, elle a participé à l’effervescence graphique de la ville au sein des collectifs Mycose et Détruitu où elle a publié quelques fanzines. On la retrouve en 2007 dans le Muscle carabine et le Tendon revolver, des publications de Stéphane Blanquet, où elle côtoie Robert Crumb, Charles Burns, Daisuke Ichiba ou encore Bruno Richard.
Les créations d’Aurélie William Levaux s’apparentent à une forme de poésie en bande dessinée : des récits ouverts auxquels il est inutile de vouloir assigner un sens définitif. Le dessin est parfois seul, isolé, n’occupant qu’une portion congrue de la surface mais le sens est souvent multiple. Économie du trait, de la couleur, de la surface qui, au final, fait éclater une force poétique et graphique qui le dispute au fragile.
Le livre:
Derrière les délicats ourlements brodés et sous la couture, il y a l’hymen déchiré et le placenta. Aurélie William Levaux tisse ses rêves d’interrogations douloureuses. Sous le fard de ses paupières, pendant son sommeil tourmenté, l’éternel aiguillon du désir féminin : « faire la maman et la putain ? » Fil conscient, fragile, douloureux, toile écrue et colorée, motifs végétaux évoquant une sexualité onirique et fertile, les entrelacs d’Aurélie W. Levaux enserrent le lecteur dans une psyché trouble où la bouche de l’enfant tête le sein tandis que les lèvres rubis de la mère s’offrent au plaisir. Aurélie W. Levaux, dans un miroir brisé qui nous la reflète en facettes multiples et dissonantes, coud à même sa peau un récit extraordinaire de désirs et de vie, et nous livre une nouvelle fois son coeur, cru et tendre comme la main d’un nourrisson.
» je me sentais moche alors je lui ai demandé si elle me trouvait jolie. Elle a répondu ma chérie nous sommes tous beaux aux yeux du Seigneur. Ça m’a brisé le moral »
La question de la féminité est le sujet récurent de son oeuvre, son nouveau livre, est un grand récit en bande dessinée et en illustrations, décrivant un monde tour à tour onirique, métaphorique ou facétieux. L’érotisme et la maternité sont toujours aussi présents, son style et son propos ont encore mûri.
Menses ante Rosam, le premier livre d’Aurélie William Levaux, également publié aux éditions La Cinquième Couche, est le récit d’une genèse. Les mois avant Rosa, Aurélie Levaux a vu son corps se transformer, son ventre se déformer, son homme désorienté. Elles nous fait part de sa joie, de ses pleurs, de ses doutes, dans ce livre des très riches heures d’une grossesse. 50 dessins et broderies sur tissus et sur papier nous livrent un peu du mystère de l’enfantement, 50 broderies et dessins raconteront à Rosa l’attente impatiente de sa venue au monde.
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